La vitamine D

Introduction :

Selon des études récentes, 2 français sur 3 sont carencés en vitamine D. Ce déficit est associé à de très nombreuses pathologies.

Initialement identifiée pour son action antirachitique et longtemps cantonnée au seul métabolisme phosphocalcique (ostéoporose), la vitamine D revient sur le devant de la scène, notamment suite à crise de la COVID 19.

Plusieurs découvertes récentes montrent que la vitamine D s’apparente plus à une hormone qu’à une vitamine.

Définition vitamine : Substance organique active, vitale, indispensable en infime quantité à la croissance et au bon fonctionnement de l'organisme, qui ne peut en effectuer lui-même la synthèse.

Définition Hormone : Substance sécrétée par une glande endocrine, libérée dans la circulation sanguine et destinée à agir de manière spécifique sur un ou plusieurs organes cibles afin d'en modifier le fonctionnement.

Depuis le début de la crise sanitaire, un intérêt majeur s’est développé pour cette vitamine, et il a été démontré qu’elle avait une activité anti-virale.

Allégations santé validée par l’EFSA(Autorité européenne de santé des aliments)

- Augmentation de l’absorption et utilisation du calcium et du phosphore,

- Maintien de la fonction musculaire,

- Permet une bonne santé des os et dents,

- Permet une bonne croissance de l’os chez l’enfant,

- Fonctionnement normal du système immunitaire.

L’alimentation apporte 20%, sous forme de D2, d’origine végétale et de D3, d’origine animale. Cette dernière est 4 fois plus active que la première.

Les 80% restant sont synthétisés par les rayons du soleil (UVB) au niveau de la peau, à partir d’un dérivé du cholestérol (fonction essentielle du cholestérol nécessaire à la synthèse de la vitD).

Le magnésium est indispensable à la forme active de la vit D3 (cofacteur et nécessaire à la molécule de transport).

Le statut en vit D : de 30 à 100 ng/ml de sang.

Ce statut dépend : - des apports alimentaires,

                              - des récepteurs à la vit D,

                              - du poids de la personne,

                              - de la capacité de synthèse cutanée.

80% de la population française --) statut en vitamine D inférieur à 30 ng.

 

Les causes :

Exposition au soleil insuffisante

Facteurs physiologiques

Latitude

Hiver et heures exposition

Ecrans totaux (arrêt 97% UVB)

Vêtements couvrants

Sédentarité

Pollution

Age, Maison de retraite

Confinement

Pigmentation de la peau (claire+++)

Age (baisse des récepteurs)

Augmentation des besoins lors de la grossesse et allaitement

Adolescents

Sujet en surpoids

Déficit en magnésium

 

 Notre capacité de biosynthèse de vit D ne semble plus suivre nos changements de mode de vie et nos besoins. D’où une nécessité de plus en plus forte de supplémentation.

Il faut savoir aussi, que la vitamine D est une vitamine liposoluble et qu’elle peut être emprisonnée dans les tissus adipeux. C’est ce qui se passe lors d’une obésité.

Une personne de nature stressée consommera plus de magnésium, indispensable aux molécules de transport de la vit D, ce qui peut engendrer un déficit en vit D.

 La pollution des grandes villes n’arrange rien, en voilant une partie du soleil régulièrement.

 Déficit en vit D ---)  Rachitisme, ostéoporose, fracture, sarcopénie.

---) 800 UI/jour sont indispensable pour réduire les risques de fractures.

 

Immunité :

La vitamine D permet d’activer les lymphocytes T (cellules qui tuent les virus et cancers), et c’est un facteur majeur de protection contre la COVID 19 (Etudes publiées en 2020)

Elle joue un rôle sur la barrière intestinale, car elle permet la réduction de la perméabilité intestinale, la modification du microbiote et la diminution de l’inflammation.

En mars 2020, l’académie nationale de médecine a publié un communiqué demandant la supplémentation en vit D de toute la population française et qu’il fallait, pour les patients atteint de COVID 19, doser rapidement le taux de vit D sérique et administrer, en cas de carence, 1 dose de charge de 50 000 à 100 000 UI pour limiter les complications respiratoires.

 

Système nerveux :

C’est une hormone neurostéroïdienne qui participe au bon fonctionnement du cerveau.

Un taux correct de vitamine D peut prévenir la dépression et les maladies neurodégénératives 

Elle est impliquée dans la synthèse des neurotransmetteurs (sérotonine) et de la testostérone.

 

Obésité, surpoids, syndrome métabolique et diabète de type 2 :

Un taux normal de vitamine D permet la préservation de la sensibilité à l’insuline, en stimulant la sécrétion de l’insuline et en activant l’expression des récepteurs à l’insuline dans les tissus cibles.

Des taux bas en vit D sont souvent observés dans l’obésité, le syndrome métabolique et le diabète de type 2.

La vit D est liposoluble et peut être piégée dans les graisses en excès.

 

Maladies cardiovasculaires :

 Parce qu’un déficit en vitamine D induit une insulinorésistance et un stress oxydatif, une altération des cardiomyocytes (cellules musculaires du cœur) et une augmentation de l’hypertension artérielle peut se produire.

Il faut viser un taux plasmatique de vit D › à 35 ng/ml afin de limiter le risque de MCV et supplémenter avec 1500 à 2000 UI/jour. (Recommandation de l’Endocrine Society).

 

Les cancers :

Le calcitriol est une molécule anti-tumorale.

Plusieurs pistes de recherche, ces dernières années, montrent qu’elle a une action :

- Pro-apoptique (tueuse de cellules malignes),

- Pro-différenciation,

- Anti-prolifération et anti-inflammation,

- Résolution des infections chroniques,

 

Risque élevé : ‹ à 20 ng/ml - surtout cancer du sein et côlon.

Diminution significative du risque de développer un cancer : › à 40 ng/ml.

 

LA SUPPLEMENTATION

 

Plutôt au quotidien, sous forme de gouttes.

 

 47% statuts optimaux avec supplémentation quotidienne

  28% statuts optimaux avec supplémentation trimestrielle

(Etude Pekkarinen T et al clin Endocrinol 2010)

 

Impératif chez les personnes en surpoids, obésité car les besoins sont augmentés.

 

Si votre taux plasmatique est :

- ‹ à 10 ng/ml Þ 4000 à 5000 UI/jour pendant 10 semaines, à renouveler jusqu’à optimal.

- Entre 20 et 30 ng/ml Þ 2000 à 4000 UI/jour pendant 10 semaines, puis 1000 UI/jour.

Entretien : 1000 à 2000 UI/jour.

Toxicité potentielle peut apparaître si le taux plasmatique est › à 110 ng/ml.

D’où la nécessité de contrôle biologique et un suivi médical indispensable.

Dose toxique à 100 000 UI/jour (1 ampoule/jour sur plusieurs semaines) Þ peu de risque que cela se produise.